08/11/2008

être fous ou pas ?

Une fois tous les deux mois, je retrouve des amis qui aiment écrire et j'y rencontre des gens comme je les aime : avec une sensibilité comme des poils de cactus piqué dans la peau.
J'ai vécu cela en tombant dans un cactus, et pendant des semaines, ses épines me sont restées plantées dans l’épiderme. De si petites épines qu'on ne peut les enlever et le moindre frôlement  fait très mal!
J'ai rencontré des êtres qui souffrent d’une telle sensibilité : elle les fait réagir dès qu'on la touche d'une façon où d'une autre.
Une des façon de l’aborder, c'est leur propre lucidité.
En général, certains de ces  êtres préfèrent ne rien savoir car si ils ouvrent leur acuité,  l'absurdité de nos existences actuelles est intenable. Ils restent sourds à eux-mêmes, c’est moins dangereux.
 
Ces amis qui partagent avec moi le goût  d'écriture ont tous ce discernement : à en devenir presque fous si nous allions réellement au bout de nos vues.
 
Un soir, nous discutions sur notre société, sur nos existences dans cette belle Vie, sur la conscience d'un Univers sans limite à porter de notre senti, de nos esprits, de nos coeurs.
Je me suis souvenue que dans nos existences actuelles, nous fonctionnons en quelque sorte  comme dans les sectes : il vaut mieux ne pas savoir, ne pas voir l'idiotie de nos lois, nos concepts, nos dogmes, nos croyances. Dans une secte, lorsque nous ouvrons les yeux, acceptons de remettre en questions ce qui nous manipule, il n'y a plus qu'une chose à faire : la quitter.
 
C'est pareil pour ceux qui ont une trop grande clairvoyance sur notre société de consommation absurde qui s'enrobe de fausse démocratie et permet des fanatiques religieux d'endormir encore plus les éventuels Lucides.  Si nous sommes trop voyant-clair  nous ne pouvons que quitter ce genre de société.
Oui, mais . . . comment ?
Certains se suicident, certains s'auto-détruisent à petit feu, comme un Gainsbourg, certains vivent dans la Nature, d'autres en clochards,  d'autres plongent dans une telle lucidité qu’ils sont déclarés fous et on les enferme, on les drogue,  on les abrutis de psychotrops.
Mais ils ne sont pas fous du tout.
 
D'autres essayent de justifier cette société, de l'expliquer, de l'excuser car ils savent que s’ils osaient dire « c'est de la m....... » ils ne pourraient tenir un jour de plus.
Il vaut mieux être soumis parfois, c'est plus facile. Cette aubédience nous débarrasse de notre autonomie gênante.
L'autonomie, ce n’est pas confortable.
 
Mes enfants m'empèchent de basculer totalement dans la Lucidité. Je trouve des excuses, de la tendresse, de l'amour. Réellement, je les vois chez les autres, dans la vie, ces qualités.  Heureusement sinon, oui, je me laisserai aller à cette merveilleuse vérité  : la folie !
 
Je crois que le jour où mes enfants seront adultes, je lâcheraii toute ma Nature exploser de Vrai et de Réel.

J'éprouve souvent l’envie de me reposer dans une vie normale, où il suffit de penser à se nourrir, à aimer, à éduquer ses enfants, sans devoir, comme le dit si bien le film « les dieux sont tombés sur la tête » se ré-adapter à une société qui a refusé de s'ajuster à la Nature, qui a voulu que ce soit la Nature qui s'accommode à elle. Résultat : il faut envoyer nos enfants étudier au moins 15 ans s’ils veulent être des supers-adaptés de la société.
Et puis pas un animal n'a inventé une chose aussi stupide : payer pour avoir un toit, une maison un endroit ou dormir! Il n'y a que l’humain qui dépense pour, ne fusse q’un abris chaud en ville. Un jour, je vous le dit, il faudra débourser pour respirer.
Déjà, enfant, je trouvais hallucinant que des gens doivent acheter leur eau. Je pouvais boire, totalement gratuitement, de l'eau de source. Maintenant, même cela est devenue impossible tant elle est polluée, cette eau de source que je buvais enfant.

Alors, mes amis et moi, nous avons besoin de temps en temps de glisser vers cette folie de Vrai afin de laisser les soupapes nous délivrer de la douleur qu’elles emprisonnent pour nous éviter de prendre notre gourdin et que  nous n’allions crier dans la rue «  vive la révolution ».

Après une bonne soirée de dérapage pas du tout politiquement correct, nous rentrons chacun chez nous refermant les écoutilles et nous nous réendormons dans la torpeur que nous impose une vie dite civilisée.

10:50 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

etre fou, asocial, ou createur Henri Laborit, médecin et philosophe, disait que pour résister aux agressions du monde, on pouvait soit se battre (guerre, criminalité, luttes sydicales et politiques) soit se détruire (suicide, drogue, cancers) soit fuir (dans la création, les voyages ) . Il a d'ailleurs écrit un Eloge de la fuite, excellent.
J'ai un manuscrit, jamais publié (mais je ne désespère pas) qui met en scène un fou et une asociale qui se rencontrent et s'aiment parce qu'ils reconnaissent en eux le même rejet du monde, qu'ils n'ont pas résolu de la même façon. Il faudra qu'on se fasse un jour un week-end un peu fou...

Écrit par : françoise | 10/11/2008

j'ai envie d'avoir une femme belle et riche. salut,je m'appélle mathieu j'ai 25 ans et je suis un jeune simple et simpath dont qui aimerai avoir comme ami ou correspondante une femme belle et riche auquel nous allons réalisées nos projets ensemblent.
et pour cela je laisse ma boite émail pour que elle me contacte directement: ofodomathieu@rocketmail.com.

Écrit par : ofodo mathieu | 21/11/2009

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