21/01/2009

un week end en compagnie d'amis polyamoureux

Normalement, je devrais continuer la copie de « l’origine du monde » de Gustave Courbet pour un ami qui m’en offre un bon prix, mais trop de réflexions me trottent dans la tête.

Ce week-end,   je recevais quelques personnes polyamoureuses chez moi. Entre autres la merveilleuse Françoise.  Comme elle était belle  !
Je fus frappée de voir que les gens qui sont le plus en accord avec eux-mêmes sont ceux qui abandonnent toutes minauderies mondaines, tout rôle de circonstance. 
C’est le cas de Françoise, Letché, Polyphil, Génie, Syolann, et d’autres encore.  Je remarquais aussi que tous ces polyamoureux sont de vrais philosophes, des arnars dans le sens noble du mot,   des éducateurs hors pair, des êtres bons, sans jugement, vivant si libres qu’ils irradient le bonheur et la paix autour d’eux, tout en se permettant de douter de tout. 

J’ai vu Françoise sourire à un inconnu comme si elle réchauffait la planète de tout son amour, j’ai entendu Polyphil raconter sa relation avec ses enfants avec tant de calme et de tendre assurance, que je rêvais que tous les enfants puissent avoir un père comme lui.
Génie écoutait, tranquillement.  Une de ses amies aussi, très belle femme, grande et douce, n’avait aucun besoin de jouer un rôle quelconque.  Je la sentais, la voyais « elle ».
Pascal était venu faire un saut rapide, court. Il a croqué dans un pain et un fromage, il est reparti, fuyant peut-être, une situation qu’il croyait ambiguë. 

C’est sûr, j’aime mes hommes, c’est sûr, ils ont chacun leur grande faiblesse, mais il est absolument indéniable que le plus équilibré de tous, c’est mon Letché chéri !

J’ai beau m’inquiéter pour le Sioux, le retrouver en fin de compte dans un monastère tibétain ici en Belgique ; j’ai beau voir en lui tout son potentiel et rester fidèle dans mon amitié pour lui au point qu’il vienne tous les soirs manger chez moi, se servir d’Internet qu’il n’a plus chez à son domicile ;  j’ai beau aller au cinéma avec Pascal, j’ai beau discuter avec lui de ce qui fut notre belle relation,  je sais que Letché est celui qui m’attire le plus, me manque par nos conversations philosophiques où, en tout enrichissement, nous nous écoutons et apprenons l’un de l’autre.

Et pourtant, que de plaisir j’ai aussi à sortir danser, rencontrer de nouveaux amis, comme Baroudeur, par exemple.  Sportif, séducteur, séduisant, mon âge. Déjà nous avons déjeuné en compagnie d’amis communs, et nous projetons de peut-être dîner un de ses soirs ensemble.

La Vie est si belle pour l’instant que je reçois de bonnes nouvelles, point de vue commandes de portraits, ou même pour le fameux roman.

Letché domine mon esprit et mes pensées, oui, mais je n’ai aucun mal à penser à Montagnard et maintenant  Baroudeur.  Letché n’est pas assez souvent là, alors, oui, je profite de la Vie avec d’autres.
J’ai renoncé à prétendre au rôle le plus stupide qui soit : être Parfaite, Sainte, Sans Reproche, Méritante de Récompense, et surtout Fidèle ! Je reviens une fois de plus à ce jeu qu’on nous a imposé via les dogmes, et la morale bien pensante : prouver qu’on aime quelqu’un par des abnégations, des souffrances, des frustrations, des exigences de fidélité, d’appartenance à une personne, à une famille, à une religion. 
NON.
Ce que j’aime, c’est certain, c’est LA VIE. Et cette vie se déguste, entre autres, par les relations que je vis avec mes enfants, mes amours, mes amies, mes copains, mon travail, etc…..
Je n’ai rien à mériter, aucune récompense, aucune reconnaissance à attendre des autres, car cela, je me le donne moi-même, et donc je suis libre.

Pascal me disait l’autre soir « tu vas te retrouver toute seule en fin de compte. Oui, tu auras ta cour d’hommes autour de toi, mais tu seras seule »
-    Mais on vit aussi tout aussi seul en restant coûte que coûte en couple sous prétexte de ne pas être abandonné.  Je ne cherche pas à éviter la solitude, je la trouve très agréable, j’aime ses moments enrichissants.  Lorsque je suis avec quelqu’un, un ami, un amoureux, une copine, c’est pour vivre ce moment unique, raffiné, en découverte de l’autre, et certainement pas  pour fuir la solitude.  J’ai une amie, tu la connais, elle vit avec un homme parce qu’elle a peur d’être seule. Hé bien, elle est totalement malheureuse, mal dans sa peau, sans énergie, se plaignant d’être dépressive. 
-    Je ne veux pas vivre le polyamour
-    Tu es polyamour lorsque tu me demandes de venir jouer la maîtresse de table à un déjeuner que tu organises avec tes amis, disant que Mopo (son amoureuse) ne convient pas à ce groupe d’amis.  Tu me prouves exactement ce que je dis : chacun ses qualités, ses limites. Pourquoi exiger d’une personne de tout combler, d’avoir toutes les qualités qui nous sont nécessaires pour être heureux ?  Oui, tu te réclames monogame, mais tu aimerais que la femme qui partage ta vie ait telles et telles qualités pour te rendre heureux.  N’y arrivant pas, commence donc les conflits, les frustrations et les reproches.  Tu vois, vous les monogames, vous attendez la même chose que les polyamoureux sauf que vous le voulez de la part d’une seule personne, l’emmerdant par la suite une vie entière pour ça.  Je vais au plus simple : là où se trouve ce que je cherche, sans demander à un homme de devenir un autre pour m’épanouir. Actuellement, tu ne peux me combler, tu refuses que je puisse être polyamoureuse,   tu n’aimes pas mes intérêts philosophiques, tu vois ta femme comme une Sainte Vierge, et non comme ta maîtresse, donc, je te laisse en la paix, trouve cette femme ailleurs. Je t’aime toujours, nous ne dormons plus ensemble, parce que tu crois que c’est mieux si je ne te considère pas comme mon homme, mais de mon côté, je ne me sens ni triste, ni frustrée de notre relation amitié-tendre puisque j’ai Letché qui me donne tant aussi.  Letché sait que je te vois pour des petites sorties de ce genre, il sait que je t’aimerai toujours.  Il n’est pas trop content, mais il accepte. 
-    Toi, tu es polysexe.
-    Et voilà ! toujours la confusion ! j’aime aussi les relations sexuelles, en effet, mais ce n’est pas le sexe qui dirige ma vie, c’est la relation.  Cela arrive qu’elle passe par une relation sexuée et je puis te garantir, dès lors,   que c’est bien plus enrichissant aussi.  Mais ce n’est pas du tout et toujours nécessaire.   Et puis, si, clea m'arrive de temps en temps d'avoir juste envie de sexe.  Et alors ?  Une fois de plus, qui a proclamer que cela était jugeable ? Les religions, les bonnes morales, les frustrés.
-    Alors c’est de l’amitié dont tu parles.
-    Oui, et non.  Je n’ai pas envie de relation sexuée avec mes amies.  Letché trouve très bizarre que je continue à te voir, et toi, je suis certaine que tu ne dis pas à Mopo que nous avons été au cinéma et que nous avons dîné ensemble.  Tu sais très bien qu’elle se poserait des questions sur votre relation.  Pourtant, dans le fond, tu sais toi aussi que cela ne change en rien ce que tu éprouves pour elle.

En fait, ce n’est pas compliqué : les gens croient que « polyamour » veut dire qu’on a systématiquement une relation sexuelle avec la personne,   et qu ’ "amitié" exclu systématiquement une relation sexuelle avec la personne.

14:53 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

les étiquettes est-ce sexe, amitié, amour? Quelle importance puisqu'une même personne peut être tout cela tour à tour et que plusieurs personnes peuvent être des amours de notre vie? Ne te fatigue pas à essayer de convaincre, vis comme tu es et peu à peu, devant l'exemple, les gens réfléchissent. Argumenter ne sert pas à grand chose face à des personnes qui ne veulent ou ne peuvent pas entendre. J'ai aussi trouvé délicieuse cette rencontre, avec des personnes pour qui ça allait de soi que l'amour est d'abord l'intérêt porté à l'autre, à d'autres. Quant à la solitude: on est seul devant les grands événemets de la vie (naissance, deuils, chagrins) que l'on soit monogame ou poly, et je connais bien des épouses terriblement solitaires. bises.

Écrit par : françoise | 22/01/2009

OUI, ma chère Françoise, tu as raison. Mais j'avoue que lorsque je me sens provoquée comme cela par un Pascal, je répond !

C'est souvent cette remarque sur la solitude qui me frappe le plus, parmi les nombreux arguments qu'avancent les curieux et les rétracteurs. La solitude n'est pas une question d'accompagnement physique, mais plus une cause de manque d'amour de soi-même, de bienêtre avec soi-même et ses propres passions.

je t'embrasse à Bientôt !

Écrit par : longuesjambes | 23/01/2009

Très vraie, cette dernière phrase du billet!
J'ai aussi deux relations difficiles à "etiquetter", quelquepart entre amitié, amour, désir...
Des Pascals, il y en a partout (et des Pascales aussi, d'ailleurs), et souvent c'est de la peine et de la salive perdu à leur expliquer les avantages du polyamour (ou les inconvenients de la monogamie, au choix).

Écrit par : Noemi | 01/02/2009

noemi OUi, c'est vrai, mais des Pascal(e) comme celui dont je parle, ne sont parfois que des gentilles autruches qui mettent la tête dans le sable et ne vois pas que le sable où ils marchent est en territoire polyamour. Ils ne veulent pas voir qu'ils vivent du polyamour en plein !

Écrit par : longuesjambes | 13/02/2009

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