31/01/2009

3/4 d'heures

Aujourd'hui, en déposant mon fils à son cours de hip-hop , j'avais le temps de rendre une visite éclaire à Letché.

Même fatigué, je le trouve beau et sexy.  Sa petite moue dans sa lèvre, son regard simple, son sourire.  J'étais contente de le revoir et de passer juste 3 petits quart d'heure à discuter, comme d'habitude, de ce qui nous passionne : la vie politique, la psychologie, et. . . danser un peu la salsa.  "tu es mon cobaye pour la salsa" explique-t-il en riant.  Bien, cela ne me dérange pas, ou plus, depuis que je ne suis plus sensée connaître les figures et les pas.  Je peux donc me laisser guider vers la surprise totale.

Assise sur ses genoux, je l'écoutais m'expliquer ses dernières lectures, et puis, de la politique américaine à propos des Palestiniens, et puis, de choses et d'autres.  J'adore, dans ces moments, sentir la tendresse prendre ma main, et la passer dans ses cheveux, ou doucement sur sa barbe naissante, ou sur le bout de ses épaules tandis qu'il continue à parler et s'emballer dans ses révoltes. Paisible en moi, je me sens comblée juste de ce peu de moment entre lui et moi. Car je sais que je l'aime, mais que je suis libre, aussi. Je me vois gober l'Instant dans tout le sublime que ce Moment peut être : le son de sa voix qui change selon ce qu'il dit, l'éclat de son regard lorsqu'il vérifie ce qui se passe dans le mien, ses muscles qui se crispent selon ce qu'il ressent, ses mains qui par moment prennent les miennes.  Pas besoin de faire l'amour pour le sentir dans le coeur et le regard. Mais rien ne m'échappe de ces Instants et tout me réjouit, m'attendri et me fait fondre le coeur.

Je suis comblée parce que je n'ai plus aucune demande envers lui, et cela grâce à ce sentiment de liberté qui m'habite depuis quelque mois.  Je  puis en fait, jouir entièrement de Letché entier, sans lui rajouter des besoins à combler chez moi, sans avoir envie de changer quoi que ce soit en lui, le décapitant par là de ce que je pourrais juger être un défaut, un manque.  Car je me dis que si, vraiment, mes désirs avaient besoin d'être comblés, je peux en effet toujours les vivre avec d'autres.
Mais, c'est amusant, le fait de me savoir libre de ça, de ne plus devoir l'attendre de l'amoureux officiel, cela laisse ces désirs dans une non-frustration.

23:34 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/01/2009

ne pas se laisser bouffer par les circonstances

Cela fait 10 jous que certains clients ne me payent pas leur portrait fait, ou retardent le moment de les chercher et de les payer.  Je me retrouve carrément en négatifs sans possibilités aucune d'avoir de l'argent, ayant payer pleins de factures me tombant touts en même temps dessus.

Hé bien, ce n'est pas grave.  Je continue à peindre, j'ai d'autres commandes, je me fais inviter à dîner par mes amis, mes enfants de même, et je dors profondément.

A quoi cela sert-il de s'angoisser, hein ? A rien. 

Je suis dans l'action, je travaille, je téléphone aux personnes qu'il faut et je garde confiance, oui.  C'est berau la Vie, vraiement.

Tout est dans la tête. Le bonheur ou le malheur; tout est dans le regard, dans la façon de voir les choses.


Hier, le Sioux me proposait de l'acccompagner à un dîner où se trouvait des gens capables d'acheter nos toiles.  Ce fut un dîner agréable, entourés de gens modestes et humbles, malgré leur réussite professionelle.  Ensuite, comme j'avais envie de danser, Le Sioux m'a montré une toute petite boîte de nuit, le Baron Rouge, mais il était trop tôt pour se défouler sur la piste de danse, et fatigués, nous sommes tranquillement rentrés, moi chez moi, lui dans son atelier, peindre. 

Par contre, Il m'a prêté de l'argent.  Entre artiste, il y a ce soutient.  Je l'avais souvent fait pour lui aussi, lorsque c'était lui qui etait en difficulté.  Il m'a remboursé à chaque fois, vite, ou lentement, selon les circonstances.  Par contre, un jour j'ai préféré recevoir en échange une de ces toiles que j'adore et je suis vraiment contente de l'avoir reçue !

Peu de gens le comprenne, mais le Sioux est un de mes amis que j'apprécie énormément, malgré tous ces défauts, il est au fond de lui, un être plein de trésors.


Je me sens joyeuse, pleine d'énergie et de confiance, malgré ma situation financière catastrophique. Je ne doute pas que tout va s'arranger.  Les clients vont me payer, je le sais, et les commandes de portraits vont se suivre car c'est ce que je choisis de vivre.

je viendrai vous témoigner plus tard, la suite de ce bel enthousiasme, si j'ai eu raison, ou si je me trompe.

Letché est sens cesse dans mes pensées, mais sans manque, sans tristesse, sans chagrin de le voir si peu.  Ce que j'aime, oui, ce que j'aime, c'est aimer.

11:55 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/01/2009

un week end en compagnie d'amis polyamoureux

Normalement, je devrais continuer la copie de « l’origine du monde » de Gustave Courbet pour un ami qui m’en offre un bon prix, mais trop de réflexions me trottent dans la tête.

Ce week-end,   je recevais quelques personnes polyamoureuses chez moi. Entre autres la merveilleuse Françoise.  Comme elle était belle  !
Je fus frappée de voir que les gens qui sont le plus en accord avec eux-mêmes sont ceux qui abandonnent toutes minauderies mondaines, tout rôle de circonstance. 
C’est le cas de Françoise, Letché, Polyphil, Génie, Syolann, et d’autres encore.  Je remarquais aussi que tous ces polyamoureux sont de vrais philosophes, des arnars dans le sens noble du mot,   des éducateurs hors pair, des êtres bons, sans jugement, vivant si libres qu’ils irradient le bonheur et la paix autour d’eux, tout en se permettant de douter de tout. 

J’ai vu Françoise sourire à un inconnu comme si elle réchauffait la planète de tout son amour, j’ai entendu Polyphil raconter sa relation avec ses enfants avec tant de calme et de tendre assurance, que je rêvais que tous les enfants puissent avoir un père comme lui.
Génie écoutait, tranquillement.  Une de ses amies aussi, très belle femme, grande et douce, n’avait aucun besoin de jouer un rôle quelconque.  Je la sentais, la voyais « elle ».
Pascal était venu faire un saut rapide, court. Il a croqué dans un pain et un fromage, il est reparti, fuyant peut-être, une situation qu’il croyait ambiguë. 

C’est sûr, j’aime mes hommes, c’est sûr, ils ont chacun leur grande faiblesse, mais il est absolument indéniable que le plus équilibré de tous, c’est mon Letché chéri !

J’ai beau m’inquiéter pour le Sioux, le retrouver en fin de compte dans un monastère tibétain ici en Belgique ; j’ai beau voir en lui tout son potentiel et rester fidèle dans mon amitié pour lui au point qu’il vienne tous les soirs manger chez moi, se servir d’Internet qu’il n’a plus chez à son domicile ;  j’ai beau aller au cinéma avec Pascal, j’ai beau discuter avec lui de ce qui fut notre belle relation,  je sais que Letché est celui qui m’attire le plus, me manque par nos conversations philosophiques où, en tout enrichissement, nous nous écoutons et apprenons l’un de l’autre.

Et pourtant, que de plaisir j’ai aussi à sortir danser, rencontrer de nouveaux amis, comme Baroudeur, par exemple.  Sportif, séducteur, séduisant, mon âge. Déjà nous avons déjeuné en compagnie d’amis communs, et nous projetons de peut-être dîner un de ses soirs ensemble.

La Vie est si belle pour l’instant que je reçois de bonnes nouvelles, point de vue commandes de portraits, ou même pour le fameux roman.

Letché domine mon esprit et mes pensées, oui, mais je n’ai aucun mal à penser à Montagnard et maintenant  Baroudeur.  Letché n’est pas assez souvent là, alors, oui, je profite de la Vie avec d’autres.
J’ai renoncé à prétendre au rôle le plus stupide qui soit : être Parfaite, Sainte, Sans Reproche, Méritante de Récompense, et surtout Fidèle ! Je reviens une fois de plus à ce jeu qu’on nous a imposé via les dogmes, et la morale bien pensante : prouver qu’on aime quelqu’un par des abnégations, des souffrances, des frustrations, des exigences de fidélité, d’appartenance à une personne, à une famille, à une religion. 
NON.
Ce que j’aime, c’est certain, c’est LA VIE. Et cette vie se déguste, entre autres, par les relations que je vis avec mes enfants, mes amours, mes amies, mes copains, mon travail, etc…..
Je n’ai rien à mériter, aucune récompense, aucune reconnaissance à attendre des autres, car cela, je me le donne moi-même, et donc je suis libre.

Pascal me disait l’autre soir « tu vas te retrouver toute seule en fin de compte. Oui, tu auras ta cour d’hommes autour de toi, mais tu seras seule »
-    Mais on vit aussi tout aussi seul en restant coûte que coûte en couple sous prétexte de ne pas être abandonné.  Je ne cherche pas à éviter la solitude, je la trouve très agréable, j’aime ses moments enrichissants.  Lorsque je suis avec quelqu’un, un ami, un amoureux, une copine, c’est pour vivre ce moment unique, raffiné, en découverte de l’autre, et certainement pas  pour fuir la solitude.  J’ai une amie, tu la connais, elle vit avec un homme parce qu’elle a peur d’être seule. Hé bien, elle est totalement malheureuse, mal dans sa peau, sans énergie, se plaignant d’être dépressive. 
-    Je ne veux pas vivre le polyamour
-    Tu es polyamour lorsque tu me demandes de venir jouer la maîtresse de table à un déjeuner que tu organises avec tes amis, disant que Mopo (son amoureuse) ne convient pas à ce groupe d’amis.  Tu me prouves exactement ce que je dis : chacun ses qualités, ses limites. Pourquoi exiger d’une personne de tout combler, d’avoir toutes les qualités qui nous sont nécessaires pour être heureux ?  Oui, tu te réclames monogame, mais tu aimerais que la femme qui partage ta vie ait telles et telles qualités pour te rendre heureux.  N’y arrivant pas, commence donc les conflits, les frustrations et les reproches.  Tu vois, vous les monogames, vous attendez la même chose que les polyamoureux sauf que vous le voulez de la part d’une seule personne, l’emmerdant par la suite une vie entière pour ça.  Je vais au plus simple : là où se trouve ce que je cherche, sans demander à un homme de devenir un autre pour m’épanouir. Actuellement, tu ne peux me combler, tu refuses que je puisse être polyamoureuse,   tu n’aimes pas mes intérêts philosophiques, tu vois ta femme comme une Sainte Vierge, et non comme ta maîtresse, donc, je te laisse en la paix, trouve cette femme ailleurs. Je t’aime toujours, nous ne dormons plus ensemble, parce que tu crois que c’est mieux si je ne te considère pas comme mon homme, mais de mon côté, je ne me sens ni triste, ni frustrée de notre relation amitié-tendre puisque j’ai Letché qui me donne tant aussi.  Letché sait que je te vois pour des petites sorties de ce genre, il sait que je t’aimerai toujours.  Il n’est pas trop content, mais il accepte. 
-    Toi, tu es polysexe.
-    Et voilà ! toujours la confusion ! j’aime aussi les relations sexuelles, en effet, mais ce n’est pas le sexe qui dirige ma vie, c’est la relation.  Cela arrive qu’elle passe par une relation sexuée et je puis te garantir, dès lors,   que c’est bien plus enrichissant aussi.  Mais ce n’est pas du tout et toujours nécessaire.   Et puis, si, clea m'arrive de temps en temps d'avoir juste envie de sexe.  Et alors ?  Une fois de plus, qui a proclamer que cela était jugeable ? Les religions, les bonnes morales, les frustrés.
-    Alors c’est de l’amitié dont tu parles.
-    Oui, et non.  Je n’ai pas envie de relation sexuée avec mes amies.  Letché trouve très bizarre que je continue à te voir, et toi, je suis certaine que tu ne dis pas à Mopo que nous avons été au cinéma et que nous avons dîné ensemble.  Tu sais très bien qu’elle se poserait des questions sur votre relation.  Pourtant, dans le fond, tu sais toi aussi que cela ne change en rien ce que tu éprouves pour elle.

En fait, ce n’est pas compliqué : les gens croient que « polyamour » veut dire qu’on a systématiquement une relation sexuelle avec la personne,   et qu ’ "amitié" exclu systématiquement une relation sexuelle avec la personne.

14:53 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

18/01/2009

un bon site

les hédoniens ardents

11:03 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/01/2009

Le Sioux , ce fragile

Letché est un homme fort, vraiment fort, je l'avoue.  Je l'admire,  Je suis certaine qu'il a un coeur très sensible aussi mais il a plus de force que le Sioux.  Je le constate à son attitude humouristique qu'il prend en parlant du Montagnard.

Le Sioux est comme un enfant, comme ceux dont je vois les blessures sur ces photos de Gaza.

Son enfance à lui ne fut pas plus rose que ça. Sa propre mère le laissait se faire torturer ( c'est le mot exact) par son beau-père. Il en reste des pleurs secrets, profonds, douloureux. Des cicatrices qui s'ouvrent dès  le moindre rejet, ou mépris de la part des autres.

Cela fait un an qu'il aime une femme qui lui convient, qui a du caractère, qui est belle, artiste, drôle surprenante.  Mais entre eux, c'est une passion brulante, parfois très blessante. L'un envers l'autre, ils s'envoient de pics, oubliant qui a commené le mauvais jeu, se le reprochant mutuellement.  Depuis un mois,  c'est la rupture. Mais je connais mon ami le Sioux, il a plus mal qu'il ne l'avoue.

je reçois cette après midi un sms de lui me disant qu'il me lègue toutes ses oeuvres, tous son materiel de peinture, et qu'il part.  Où, je n'en sais rien.
J'espère uniquement que ce n'est pas dans l'au delà.

Lorsqu'il m'envoit comme cela un message, je le connais, il est sincère, à ce moment là, il déteste le monde, les gens, les femmes, tout.  Car il ne sait plus où aller, qui aimer, que faire, comment vendre ses peintures, comment survivre.
Hier soir, il y avait un de ces vernissages mondains ou plusieurs artistes donnent une de leur création pour le bénéfice d'enfants mal traités.  Est-ce cela aussi qui touche l'inconscient du Sioux, se souvenant de son enfance ?  Il comptait y aller, espérant y croiser cette femme ; par colère, par rage, par amour.  Mais tout cela, il ne me le disait pas.   Il espérait lui montrer qu'il va bien, sans elle.

Le milieu habituel qui circule dans ce genre de vernissage n'est pas le plus tendre qui soit pour des personnages comme le Sioux.  Au contraire, c'est un milieu qui rejette fort et violemment des personnes comme lui, lui trouvant plein de reproche, justifiés vu de l'extérieur, injustifiés vu le but même de ce genre de vernissage à but charitable pour enfant mal traités.  L'excuse donné est que le Sioux est un adulte, qu'il "n'a  cas" s'en sortir de ses blessures d'enfance, qu'il "n'a cas" pas être si infernal que ça.

La sensibilité du Sioux se cache derrière toutes ses fanfaronnades. Celles-ci ne sont que des boucliers énormes, en acier, pour protéger ses blessures, pour qu'on ne vienne pas y piquer une fois de plus la lance du rejet et du mépris et de la supériorité.

Il espérait trouver une femme qui le comprenne, lui parle doucement, lui explique avec tendresse les limites à ne pas franchir , et lui donne cet enfant qu'il aurait élevé avec amour.  Dans toutes les nombreuses femmes qu'il a aimées, il a toujours espérer trouver celle qui le stabiliserait.

 

Hier, je crois qu'il a espérer se faire accepter, reconnaître, aimer tel qu'il est : turbulant, blessé, bon, optimiste.

Mais lorsqu'il a su que son ex s'y trouvait bien, à ce vernissage il est parti vite, avant de la croiser . . .  redoutant quoi ? 

 

Je n'arrive pas à le joindre.  Heureusement, j'ai toujours la clef de son atelier où je suis passée tout à l'heure.  Voyant que son manteau porté hier soir  y était, je sais donc qu'il se trouve dans son atelier.  Mais je n'avais pas la clef sur moi, elle se trouve avec ma fille qui a emprunté ma voiture. 

Je repasserai tout à l'heure.

Pourvu que tout aille bien !

16:26 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

06/01/2009

une radio que je vous recommande vivement !

polyplaisir des  utopies

11:46 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Les nouvelles

J'ai eu Letché hier au téléphone.
je lui demandais tout de suite : "et que penses-tu de ce que je t'ai écris?"

De notre conversation de hier,  et de toutes celles eues avec lui depuis toujours sur ce sujet, j'ai improvisé ici un dialogue qui est plus ou moins fictif dans le temps, mais pas dans les échanges. Ceux-ci ont existé,  mais ils sont étalés tout au long du temps que dure déjà notre relation.

A ma question Letché me répondait :

- Tu sais bien ma position là dessus.

-Oui, pourtant tu es d'accord qu'en tant qu'homme, et d'éducation musulmane en plus, tu comprends la polygamie.

- OUi, pour moi, ce n'est pas difficile de l'accepter mais je suis un homme qui n'aime pas vivre ça.  Je ne l'ai encore jamais vécu.

- Et acceptes-tu que les femmes soient polyandres ?

- Non.  Si je comprends bien, j'ai un nouveau rival à éliminer ? Me dit il sur le ton de l'humour .

- Ce ne sera pas un rival, il ne mettra pas en danger notre relation. En tout cas en ce qui me concerne.  Je te répète que je suis toujours amoureuse de toi, que je te désire même  plus qu'au début.  Mais comme j'ai des attentes de relation passionnelle, enthousiasmante, légère et joyeuse envers toi, que tu es fatigué par ton travail, et que probablement se rajoutent à ça divers éléments  qui font que ton enthousiasme n'est plus aussi fulgurant qu'aux débuts de notre relation, je fini pas tomber dans une réèlle demande envers toi.  Cette même demande deviendra pesante et lourde, et étouffante, je le sais.  Même si je faisais en sorte de ne pas te la montrer, elle sera là , elle se sentira, et à la longue, cela te fera fuir, j'en suis persuadée. Oubien ce sera moi qui, ne trouvant que tristesse à ne pas pouvoir vivre avec toi ce qui me plait, je risque de me lasser aussi de notre relation.  Alors que tu es si plein de qualités et que te découvrir me plait en fait toujours.

Donc, je vais me remettre à lutiner - comme le dit Françoise Simpère - afin de ne pas tomber dans ces demandes, frustrations et attentes castratrices qui découlent toujours de toute relation monogame, et finissent par tuer cette relation.

- Hé, oui, que veux tu que je te dises? Je ne peux rien t'empécher .  . .  Fais ce que tu veux, on verra bien. . . . Je sais que je ne vais pas du tout aimé l'idée de t'imaginer dans les bras d'un autre.  Je ne le supporterai pas, en réalité. Cela me rebute.  Pourtant, je suis toujours amoureux de toi, mais j'ai en effet de la fatigue. Et d'autres éléments qui freinent, comme tu le dis, mon enthousiasme.

- Tu sais lesquels ?

- Oui, et pas vraiment ?
- tu ne veux pas me les expliquer ?

Letché ne me répond pas à cette question. Soit parce que ce n'est pas clair, soit parce qu'il ne veut pas me les dire, ses éléments perturbateurs entre nous.  Je ne demande pas mieux d'écrire ici ce qui est de ma responsabilité mais il ne me dit pas en quoi j'ai un rôle dans les perturbations.

- Tu sais, lui dis-je,  que tu as la même liberté de ton côté, tu sais que tant que cela ne t'éloigne pas de notre relations, je n'ai aucune crainte à ce que tu puisses flirter, draguer, séduire, aimer d'autres femmes.

- Et si je trouve mieux ailleurs ?

- Et si tu voyais ça autrement : et si cet ailleurs ne faisait que compléter ce que tu ne trouves pas dans notre relation ?

Souvent, le silence prend sa place dans ces conversations, le temps de chercher les éléments qui font que parfois, une certaine distance se met entre nous.

- Je vais te dire franchement ce que je crois, Letché.  Tu as mis énormément de séduction pour me conquérir et tu y es arrivé.  Parfois, j'ai l'impression que ce que tu cherches, c'est un amour calme, un peu "pèpère" comme on dit.  J'utilise cette expression juste pour exagérer ce que je ressens, mais non pour critiquer cela. C'est une envie normal et honnête, d'avoir besoin d'un amour calme et  "pèpère" - comme on pourrait dire "mèmère" - car tu es fatigué par ton travail, qu'il t'offre peu de temps et que ce dont tu as besoin   dans ses moments là (je  crois), c'est d'une relation reposante, qui te calme, te berce et te donne de la tendresse, et surtout ne te bouffe pat toute ton énergie par des folles après-midi d'amour ! Péjorativement, quelqu'un dirait " métro, boulot, baise, dodo".  De mon côté, j'ai déjà fait ma vie, j'ai déjà mes enfants et j'ai un métier qui me plait.  Lorsque je suis amoureuse, je ne cherche surtout pas une relation "mèmère" qui attend gentiment que son homme lui fasse, entre autre,  l'amour sans trop de passion.  J'aime la passion, je peux me le permettre, puisque je ne suis pas en recherche d'un associé qui partagerait le loyer, la nourriture, les factures. Ni en recherche d'une présence pour ne pas me sentir seule.  En ce qui me concerne, je l'ai souvent expliqué déjà,  j'ai une relation avec un amoureux comme je fais mes tableaux : avec le désir de la perfection, de la découverte de cet amoureux comme si je découvrais à chaque fois une  pierre précieuse.  C'est pour cela que jamais je ne me lasse en réalité de quelqu'un car je le regarde toujours comme si c'était la première fois que nous nous embrassions.  Mais c'est vrai que j'ai besoin de sentir un retour, un partage de cela. 

- Oui, je sais. J'en ai conscience.

 

Le temps passait et il allait rejoindre son lieu de travail.  Je me sentais bien de ce que nous avions partagé , une fois de plus, sans dispute, sans combatitivié et sans rivalité d'opinion !

10:54 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

05/01/2009

le trac

Ce matin, j'écrivais un petit mail à Letché où je lui disais, comme je le lui avais promis, que j'allais contacter un homme qui m'attire très fort.  Un montagnard français bien fait de sa personne comme on dit. Le Montagnard.

J'ai le trac car Letché ne lira ce mail que dans l'après-midi et je redoute sa réaction mais c'est ainsi, je ne veux en aucun cas entrer dans les mensonges.

Toute relation  ne se bâtit solidement que sur la vérité.  Si la vérité est insupportable, alors il bon... on verra.

J'espère de tout coeur qu'il écoutera son coeur, son VRAI coeur !


Car, même si je puis être attirée par cet homme, je le suis  encore plus qu'il y a un an de Letché.  letché semble avoir du mal à quitter je ne sais quel mal-être en lui qui me rend, alors moi aussi triste, en attente.  Cette attente devient pesante pour lui, et lui donne certainement envie de me fuir.  Donc, perdu pour perdu, soit parce que je l'étouffe avec mes attentes, soit parce qu'il ne supportera pas que je puisse voir un autre homme (je ne sais pas encore quand ! ) je préfère dire la vérité et tenter au moins de vivre en amour avec lui sans lui infliger mes frustrations puisqu'en théorie, je serai compensée par la bonne humeur de cet autre homme, Montagnard.






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un témoignage qui n'est pas de moi

Témoigage d'Isbelle


Un chemin de découvertes...

par Isabelle

J’ai rencontré « l’homme de ma vie » à dix-neuf ans. Vous savez, le prince charmant, celui que l’on surinvestit affectivement pour qu’il soit tout à lui tout seul. Je me suis vite rendue compte que, au-delà des serments de fidélité, j’étais loin d’être tout pour lui. Les mots posés sur ce ressenti n’ont rencontré que dénégation, voire moquerie.. « Qu’est-ce donc que tu imagines ? »

Il y avait ma volonté que ce couple réussisse mieux que celui de mes parents, l’envie d’aller au-delà des obstacles, de se rencontrer vraiment, de parler, de construire la relation dans le passage du temps qui nous révèle à nous-mêmes, dans l’amour, la redécouverte jour après jour de nos identités en mouvement. Parallèlement, ce que je devinais de ses infidélités, et ce que je projetais, nous éloignait l’un de l’autre. Je me voulais dans la loyauté, fidèle à nos promesses, quoiqu’il arrive.

« Tromper son conjoint »...cette expression a pris tout son sens : il ne s’agissait pas tant pour moi du fait qu’il ait des relations avec d’autres femmes, même si cela me blessait terriblement, non , il s’agissait du mensonge autour de cela. C’était insupportable de sentir, de savoir au fond de moi et de me trouver toujours face à ce mur, ce silence ou ces sarcasmes qui niaient complètement ce que je ressentais au fond de moi, qui ne donnait aucune chance à une porte de s’entrouvrir. Les mots de la vérité ne circulaient pas et c’est sans doute la blessure la plus importante.

J’ai connu des émois pour d’autres hommes, que j’ai étouffés puisqu’il était dit que nous serions fidèles l’un à l’autre..Loyauté.. Fidèles à quoi ? A une image extérieure ? A des conventions sociales ? Pas à nous-mêmes en tout cas, pas à la personne en devenir qui expérimente, réfléchit, met en lien, acte ses choix de vie..

Lorsque la dernière maîtresse de mon mari a pris contact avec moi, merveilleuse rencontre de femme à femme, dans le soulagement de la vérité enfin dite, j’ai enfin pu ouvrir définitivement les yeux sur ce que je n’étais pas certaine de vouloir voir et nous avons divorcé à ma demande.

Beaucoup de questionnements sur ce qu’est l’amour, j’étais incapable de le « définir », sur la liberté de se réaliser au sein d’un couple, de suivre son chemin d’évolution sans se faire étouffer par une relation amoureuse de dépendance.

J’ai alors rencontré un homme, déjà dans une relation amoureuse avec une compagne, un enfant. Il s’est déclaré polyamoureux, a posé des mots clairs et j’ai accepté ce mode relationnel. J’ai aimé qu’il n’y ait pas de faux semblants. J’ai aimé l’ouverture de coeur que ce chemin sous-entendait. J’ai aimé la liberté que cela m’apportait. J’ai aimé la façon dont cette relation ,dans cette couleur là, me ramenait à moi-même : apprendre à vivre avec lui les moments de rencontre, dans le lâcher prise, en restant centrée sur mes projets de vie, en allant mon chemin en indépendance affective.

Pour autant, tout n’allait pas tout seul.. Les pincements des anciens schémas m’ont chipotée, ainsi que sa compagne. Ses nouvelles rencontres ont réveillé des vieilles peurs, celle de l’abandon, celle de ne pas être à la hauteur.Nous nous voyions à l’époque un jour semaine. Son couple connaissait des difficultés, je cherchais ma place..

J’ai rencontré un autre homme et connu cette douceur d’aimer poly. Les parents répètent à l’envi à leurs enfants qu’ils ont tellement d’amour en eux qu’ils peuvent avoir plusieurs enfants et les aimer aussi totalement les uns que les autres. C’est exactement la même chose avec des amis ...ou des amoureux. C’est aussi simple que cela, aussi nourrissant, aussi grandissant. J’ai vécu cette double relation en étant merveilleusement connectée à chacun de ces hommes, en vivant avec chacun d’entre eux ce que nous avions à vivre. En émerveillement de cette amplitude de coeur, belle , somptueuse, qui fait toucher à quelque chose d’essentiel dans la dimension de l’Amour.

Entretemps, mon bienaimé et sa compagne se sont séparés, elle souffrait trop. Et l’homme qui avait accepté mon polyamour dans l’espoir que ce ne serait qu’une passe (j’étais moi-même en recherche et sans doute pas claire ni avec moi ni avec lui) m’a demandé de choisir entre eux deux. J’ai choisi la liberté d’être en relation avec moi-même. J’ai laissé derrière moi la certitude d’un couple classique, dans des schémas classiques pour aller vers le nouveau, en compagnie de cet homme qui a eu le courage de s’affirmer comme il était et le courage de vivre les conséquences de son choix.

J’ai aussi appris l’importance vitale de faire le ménage en soi pour ne pas entraîner la personne aimée dans des leurres blessants.

Tout au long de ces vingt années de mariage, j’avais croisé diverses expériences qui m’avaient parlé : la vie en communauté, les couples ouverts, les structures familiales à géométrie variable dans d’autres cultures, la sexualité tantrique.. Tout cela , en interaction avec mon vécu de « femme trompée », a contribué à me faire entrevoir d’autres possibilités de vie qui ont trouvé leur concrétisation dans un polyamour qui nous est personnel, je veux dire par là qu’il y a certainement autant de modes qu’il y a de polyamoureux. A chacun de choisir ce qui lui est juste, de construire la/les relations en étroite connivence, en communication vraie, franche, en étant attentif à ce qui travaille à l’intérieur de soi, en prenant conscience de ce qui se passe réellement, dans un respect, une acceptation de soi, de l’autre, de nos limites, de nos ouvertures, de nos doutes, de nos élans.

Le polyamour, pour moi ,n’est pas un jeu léger. C’est un chemin de découvertes, de douleur quand les vieux démons se réveillent, ces vieilles blessures récurrentes qui tordent les tripes. Mais c’est aussi et surtout le bonheur de la rencontre avec l’autre, la découverte de personnalités enrichissantes dans une couleur amoureuse belle et bruissante.

Revenir à un mode monoamoureux est une possibilité que j’effleure quand sont réveillées les morsures intérieures...mais jamais longtemps. Je sais trop l’oxygène que le polyamour apporte à mes relations, cette richesse des amours plurielles, cette confiance partagée, ces mots vivants échangés, cette façon de prendre la vie en lui donnant sa vraie dimension qui est celle de l’Amour.

Isabelle

09:50 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

la jalouisie selon Emma Goldman



"Le mal le plus redoutable de notre vie amoureuse mutilée, c’est la jalousie, le chancre de l’amour. Elle ment, elle triche, elle trahit, elle tue. On pense couramment que la jalousie est innée, et qu’elle ne peut jamais, par conséquent, être déracinée du coeur humain. Cette idée fournit une bonne excuse a ceux qui ne peuvent ni ne veulent creuser la relation de cause a effet. (...)

La jalousie n’essaye même pas de comprendre. Son seul désir est de punir, et de punir aussi sévèrement que possible. C’est un concept qui s’incarne dans une loi tacite : code de l’honneur et combats singuliers.

(...) Nous trouvons un argument de poids contre la jalousie dans les notes d’historiens comme Morgan, Reclus, et d’autres concernant les relations sexuelles chez les peuples primitifs. Tous ceux qui sont familiers des leurs oeuvres savent que la monogamie est une forme tardive de la relation sexuelle ; son avènement résulte de la domestication et de la possession de la femme. C’est elle qui instaura le monopole sexuel et l’inévitable sentiment de jalousie."

Emma Goldman

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09:40 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vraiment, les hommes sont-ils si différents des femmes ?

 En discutant avec quelques-unes de mes amies proches, je constate qu'elles ont  les mêmes interrogations que moi sur les différences flagrantes entre la façon d’aimer des femmes et des hommes.


Lorsque je tombe amoureuse d'un homme, je l'aime de plus en plus et mon désir pour lui augmente.  Chaque jour, même si  cela fait plus d'un an par exemple, j'apprécie mieux ses traits de visages la forme de ses mains, la silhouette de son corps. Tout cela nourrit à chaque fois mon désir pour lui, ma tendresse.
Je n’ai pas besoin qu’il mette des habits sexy, ni qu’il fasse preuve d’inventions spéciales pour que ce désir soit nourri.  Il est tout simplement nourri par la simple vue de lui-même, par sa simple gentillesse et galanterie.
Nos conversations, nos difficultés même, cela me rapproche encore plus de lui, et augmente mon amour.

Les hommes, cela semble une autre paire de manche !
Plus le temps avance, plus leur désir diminue.  Les premiers mois, il leur suffit de nous voir pour qu’ils bandent.  Et puis, on ne sait pourquoi, mais il faut trouver , en tant que femme, des trucs de plus en plus compliqués pour que leurs désirs reste vivace.  Genre, mettre des minijupes, des bas jarretelles, de la lingerie de plus en plus compliquée, sexy etc…….
Mais ces mêmes hommes sont aussi satisfaits de rester avec leur femme, l’aimant confortablement, la baisant gentiment sans trop d’effort. Il y a la de la commodité pour eux, une femme toujours disponible, qui les aime de toute façon, donc, ce n’est plus vraiment nécessaire d’être aussi amoureux et galant qu’au début de leur rencontre afin d’obtenir de la tendresse et de l’amour.

Une de mes amies m’a fait une magnifique   confidence.  Elle est la maîtresse d’un homme qui vit en couple.  En ce qui la concerne, cet amant est l’homme de sa vie, ils s’étaient rencontrés lorsqu’elle avait 19 ans. Cela fait plus d’un an qu’après des années d’absence, ils se sont retrouvés.  Mais elle n’est que sa maîtresse.  Alors qu’un jour, cet amant se retrouvait avec des amis et qu’ils jouaient à écrire la liste de leur « ex », ayant omis d’y écrire le nom de mon amie, un copain de l’amant lui dit :
-    Tu oublies, la belle Louve !
-    - Non, Louve n’et pas une ex.  Elle, c’est comme au cinéma !

Comment se fait-il que deux êtres qui sont censés vivre et s’aimer tout une vie ensemble ont tant de différences ?
Car, comme me le dit Louve avec lucidité «  Ce n’est probablement que parce que nous vivons dans un interdit que l’excitation et le désir persistent chez lui»

Les femmes, elles aiment leur homme comme au cinéma, pour toute une vie.  Elles sont fidèles, et dans leur cœur, et dans leur désir, pour leur mari ou compagnon.  Ce n’est que parce que ceux-ci s’éloignent d’elles en attention dans leurs rapports sexuels, que souvent elles prennent des amants. En fin de compte, elles aiment leurs époux et leurs amants.

Mais donc, pourquoi cette différence de désir entre la femme et l’homme ? Est une erreur de fabrication, ou bien est-ce nous qui nous nous trompons pensant qu’il faut vivre en couple exclusif avec un seul partenaire ?

Peut-être ne sommes-nous vraiment pas fait pour cela, peut-être que l’homme garderait plus son désir pour chacune de ses femmes  s’il pouvait en aimer et désirer plusieurs en même temps ? Peut-être que les femmes seraient moins frustrées, pouvant être désirées et aimées par d’autres hommes que leur mari ou compagnon officiel ?
Ce qui se passe en général, c’est qu’un homme attend de se lasser d’une femme pour en rencontrer une autre, se lasser d’elle aussi et ainsi de suite.  Je crois que s’il la culture sociale et religieuse dans laquelle nous serions élevés, permettait aux hommes et aux femmes d’aimer et désirer en même temps plusieurs partenaires, la lassitude envers ceux qu’ils ou elles aiment ne viendrait pas, ou en tout cas pas si vite.

Je me souviens lorsque je vivais encore avec Pascal et que je pratiquais ouvertement le polyamour, ou le libertinage, je me sentais de plus en plus amoureuse de Pascal, mon désir de lui, tel qu’il était et non tel que mes fantasmes le voulaient, grandissait.

Ce qui fait que je vais reprendre sérieusement ma vie de polyamoureuse en main.  Si, si !



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