06/03/2009

Cantate



Il y a déjà plus de deux semaines, j’allais voir un spectacles avec quelques polyamoureux de mon style.  Il y avait entre autres Polyphil et celle que je nomme Cantate car elle me fait penser à une sublime Cantate de Bach tant je suis sous son charme, sa profondeur, sa franchise, son regard doux et droit.

En discutant ainsi avec ces polyamoureux, je sens mon cœur battre d’émotion, de joie, d’enthousiasme. Je découvre qu’ils sont franchement profonds, assumant la responsabilité de leur vie, de leurs actes, sans ambiguïté, sans hypocrisie car, ils sont tellement affranchis en eux que cela leur laisse l’espace de se permettre de douter, de se poser des questions pertinentes, libres d’oser être eux, sans devoir être parfaits. 
J’ai adoré la soirée que nous avons passé ensuite au Smooth.  Là je découvrais Cantate, non par les mots uniquement, mais par cette vibration intérieure qui tremble d’émotion de se trouver devant une belle âme !  Je confirme que les polyamoureux sont ceux qui ont le plus de profondeur parmi tous mes amis rencontrés dans ma déjà presque longue vie !
Oui, j’ai des amis monogames, qui ont une pensée philosophique sur la vie, qui ont des principes moraux très nobles, mais ils restent, parmi nombre d’entre eux, ce côté «  devoir-récompense », ce côté « obligé, engagement par devoir, pour être bien vu par la société ou par la religion  » qui me donne l’impression d’une fausse note dans les sentiments. J’en parlais encore hier avec un homme, ami du Sioux, qui vit depuis plus de 15 ans avec sa femme de 10 ans son ainée.  Bel amour, belle relation, mais souvent, il parlait de valeur parce qu’il y avait un engagement.  Voilà pour moi le pire des pièges, qui  vient en droite ligne des religions : donner une cotation à l’amour, prouver qu’on aime parce qu’on fait ceci ou cela, parce qu’on jure fidélité sexuelle à son partenaire, parce qu’on habite avec lui, parce qu’on le choisit comme parent de nos enfants. Pour beaucoup, tant qu’il n’y a pas un « parce que » qui suit le mot amour, il n’y a pas d’amour, d’après eux.  Chaque fois, je me sens mal à l’aise car j’y vois bien le but ultime de ce genre de promesse « J’ai droit à une récompense : tu m’appartiens pour toujours. » Ou « Je suis un meilleur mari que toi, une meilleure épouse » OU « J’irai au Ciel car j’ai fait des gros efforts pour tenir ma promesse » OU «  Regarde comme je suis quelqu’un de bien ! Estime-moi ! » Surtout, j’entends « moi, j’aime vraiment, mais pas toi »
Pour moi, l’amour n’est pas une question de promesse ou de quoi que ce soit.  Si l’amour est vrai, sans effort aucun, on accepte toutes les facettes de l’autre, tout en s’en protégeant si nécessaire. Comme le quitter, ne plus vivre avec lui.  Mais de là, à conclure « alors, c’est que tu ne l’aimes pas » c’est retomber dans ce besoin de preuve, de valeur, de sous pesage, de concurrence à qui aime, qui n’aime pas, qui sait aimer, qui se sacrifie et donc est un vrai pratiquant de l’amour etc.……
Les seuls "parce que" que j’aime dire sont « parce que tu me fais vibrer, parce que ton sourire me charme, parce que ta faiblesse m’attendrie, parce que tu me fais rire, parce que je me sens belle près de toi etc….. »

Je constate souvent que les polyamoureux n’ont pas ce besoin de  démontrer qu’ils aiment.  Ils le sentent, le donnent et le reçoivent sans aucune condition.  Ils assument surtout leur responsabilité par rapport aux enfants, aux actes, essayant de blesser le  moins possible l’autre, qui que ce soit, mais tout en respectant leurs propres désirs et leur propre façon d’aimer.  Car il ne faut pas penser que la monogamie, la fidélité sexuelle ne blesse pas ! Les souffrances, les difficultés inhérentes à toutes relations sont partout les mêmes ! Il n’y en ni plus, ni moins, dans une relation monogame, ou polygame, ou polyamoureuse, ou polyandre. Elles ont juste un terrain différent, mais les difficultés restent les mêmes, et selon la maturité et l’estime de chacun, les souffrances sont les mêmes.
En fait, ce que je vois de plus en plus, chez les polyamoureux, c’est qu’ils ne cherchent surtout pas à prouver qu’eux, ils savent ce que c’est qu’aimer, qu’eux sont dans le « droit chemin », celui qui a une valeur !
Ils aiment en toute simplicité, sans baromètre à atteindre.

Cantate est, avec Françoise, celle qui me touche le plus car elle  ne joue aucune comédie ! Elle parle avec clarté des difficultés qu’elle rencontre, comme certaines de mes copines qui parlent de celles qu’elles ont dans leur relation monogame. Par contre, la différence est nette : Cantate parle de ce qu’elle éprouve par rapport à ce qui se passe en elle, et les autres me parlent de tout ce qu’elles reprochent à leur amoureux, voulant tant qu’il change !
De ça, oui, j’ai très envie de dire que les polyamoureux sont plus méritants : ils ne demandent surtout pas à l’autre de changer !


22:26 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

j'aime beaucoup ce texte sur les polyamours, la façon de s'engager dans son existence et de l'assumer... sourire
(il me ressemble assez je crois... sourire)

Écrit par : Lsingulière | 28/03/2009

Il y a aussi chez les lutins et lutines un sens chaleureux des attentions à l'Autre, aux Autres, et aussi un goût du jeu, des sourires et fous rires partagés. Plus quelque chose de très rare: l'abolition des préjugés sur l'âge, sur ce qui est convenable ou non, sur 'faut-il faire ceci ou cela", etc. Ce qui n'empêche pas non plus, de se poser plein de questions, de ne pas avoir de certitudes établies.

Écrit par : françoise | 05/05/2009

tellement juste et pointu C'est chaque fois une chaleur au coeur de te lire, chère Françoise ! Tes paroles sont alignées, pointues, mais douces aussi !

A bientôt j'espère !

Écrit par : longuesjambes | 08/05/2009

Les commentaires sont fermés.