20/03/2009

la suite du livre Tantra Rouge


Depuis peu, je viens de comprendre des faits que j’ai vécus dans la communauté bouddhiste, et que je m'expliquais, à cette époque,  de manière plus sauvage et instinctive. Car souvent l'Intuition est copine avec l'Instinct.  Mais il en restait, jusqu’alors, un sentiment d’avoir désobéi à une loi majeure de bien séance. Maintenant, et je vais vous expliquer pourquoi, je sais que ce fut surtout salvateur, comme seul l’instinct de survie peut nous faire agir. Et je confirme qu'être en porte à faux avec la bien-séance,  libère.

Lorsque j'étais encore dans ma secte bouddhiste, quelques mois avant mon ejection de la Famille - comme on s'appellait entre nous - j'avais reçu, après une soi-disant initiation, une sadhana à mediter.

Souvent je me suis posée des reflexions suite à cette méditation reçue de cette façon là :  du fait que le gourou n'était pas un réel maître.  Plus tard,  j'ai mis en doute la valeur profonde de cette initiation, à cause de l’usurpation de « maître » que se donnait le gourou. Et pourtant, je sais avec certitude que c'est grâce à la pratique bi-quotidienne de cette sadhana, que  j'ai par la suite trouvé le courage de me séparer de l'Angolais, mon époux du moment, et ensuite, d'avoir été mise à la porte de la secte et donc, que je fus sauvée.

Cela m'a amenée à conclure que c'est l'esprit, qu'on y met, qui fait valeur réèlle d’initiation. Ce n'est pas le maître, qui la dévoile, qui donne de la valeur à la révélation dite secrète, mais c'est le pratiquant. J'étais persuadée de faire acte de magie chaque fois que je méditais, deux fois une heure et demi par jour, ma prière tibétaine, accompagnée des visualisations qui y étaient reliées.

Le livre que je lis pour l'instant me confirme ce que je crois : « l'attitude mentale transcende la posture corpordrelle et les activités physiques. »   ( « Tantra rouge » )

En fait, suite à mes réflexions, je me suis même demandée jusqu'à quel point la noblesse d’âme d'un Maître ne vient pas de ses valeurs, ni de ses capacités à lui,  mais du regard qu'à le disciple envers lui. Si un pratiquant considère que la personne en face de lui est un maître ayant telle ou telle qualités, je crois que c'est bien ces qualités là que recevra le pratiquant. En fait, nous ne pouvons voir que les qualités qui sommeillent en nous et les voir chez les autres - mêm si en réalité, elles y sont ou n’y sont pas  - n'est qu'une preuve du désir de les réveiller en nous.

 C'est ainsi que pour moi, l'innocence, la pureté ne se trouve pas dans les actes, mais dans le cœur et l’esprit.
Par exemple, pour moi, une  nonne ou un moine ne sont pas "purs" par leur vœux d’abstinence. Ils sont, à mon avis, tellement impurs dans la vision  qu'ils ont d'eux-mêmes, qu'ils pensent se purifier par l'abstinence.

L'innocence, selon mon concept, c'est la capacité à regarder, toucher, goûter, vivre le pire, mais le meilleur aussi,  sans que ceci ne corrompe ma capacité à aimer l'autre tel qu’il est. Si par exemple, des Courtes-Cuisses ( ceux qui voient le mal partout) me jugent ou me haïssent parce qu'elles se considèrent dans la juste attitude, elles sont corrompues par leur juste attitude.
Il n’y qu’une seule phrase que je retiens de Paul de Tarse, celui appellé Saint Paul : « l’amour ne fait rien de laid »
Souvent, cela est interpréter par «  je ne peux pas faire ceci ou cela par amour, car c’est laid ».  En réalité, je pense avec conviction que tout ce qui est fait par amour (et avec le consentement de l’autre personne adulte) n’est jamais laid, sale ou impure. A l’époque ou je méditais la sadhana reçue par, soi disant initiation, je n’avais pas encore compris cela

J’avais reçue la sadhana de la Tara, principe Féminin.

J'y mettais tout mon coeur, toute ma concentration, toutes mes capacités de visualisation.  J'étais arrivée à ne plus me laisser distraire par aucun bruit, aucun mouvement autour de moi. Même ma fille, âgée de 4 ans à l'époque, si elle se trouvait dans la pièce,  ne pouvait, ni par ses jeux, ni ses cris, ni ses chansons adorables, me faire sortir de l'objectif que je m'étais désignée.

Je trouvais une paix,et un agréable confort dans ce rythme bi-quotidien.

 Par contre, je fus de plus en plus troublée par un phénomène biologique étrange dont je ne comprenais pas la raison.  Une fois que j'étais bien lancée dans la méditation, assise les jambes croisées, le corps droit mais détendu, l'esprit concentré sur les paroles tibétaines et le regard intérieur branché sur les différentes Taras à visualister en détail, je sentais une énergie sexuelle me chauffer le bas du ventre et se répandre dans tout le corps. Je me culpabilisais de cette énergie, et elle seule arrivait en fait à me distraire de ma méditation.
Cette énergie se dévelopait créchendo, se transformant en un désir puissant.  Je continuais à méditer, et j'essayais de sublimer l'énergie de ce désir pour mettre plus de puissance dans la méditation. J'essayais de combiner l'un avec l'autre, je donnais volontairement un moteur réel, palpable et sensitif  par la peau, par la chauffement de mon ventre, par les picotements dans les cuisses, à ma méditation.  Mais plus je faisais ainsi, plus le désir augmentait ! Je ne comprenais rien. Je pensais que la Tara devait absorber ces désirs, et les dissoudre dans une vacuité exempte de toute sensation.

Je croyais encore à l'époque que ce désir était néfaste, qu'il était comme une "tentation de Sainte Longuesjambes" et que je devais y resister. Je m'adressais en fin de compte à la Tara du moment, lui demandant de m'aider. Comme réponse, je recevais encore plus d'envie, au point que, si j'étais seule dans la pièce, je continuais ma prière, la main dans la petite culotte et explosant de plaisir comme jamais dans ses moments d'auto-satisfaction. Je touchais, à ces moments-là, quelque chose de très  fort, et très vivifiant.
 

Un jour, en toute innocence, je m'étais confiée au gourou. Il n'a su que répondre. Bin oui, comme il n'était pas un vrai maître !

Je me trouvais encore plus désempérée.  Mais je descidai de ne pas m'auto-juger ni de m'auto-condamner. 

Je me disais que cela passerait. Eh non !

Cela n'est pas passé et cela m'a donné une force douce, de plus en plus noourrissant, renforçant physiquement les dégats d'une estime détruite, et cela m'a en fin de compte rebranchée sur la Féminité. Exactement ce qu’est l’énergie même de la Tara.

 Il est clair que la sadhana de Tara, principe Féminin, ne peut que réveiller cette énergie universelle. Il est clair que le plaisir orgasmique est une fusée qui mène à l'océan d'énergie Féminine, qui nous entoure. Cette sadhana tibétaine ouvrent la porte à l'énergie du désir. Je crois que peu le savent et l'acceptent. Je crois même que c'est si simple, si facile que les religions, prenant conscience de cette forte énergie vitale et protectrice, elles ont démonisé le plaisir et le sexe, afin de garder leur pouvoir manipulateur sur les foules.

 C'est en lisant ce livre que j'ai pu maintenant mettre des mots sur mon Intuition.  Si j'ai pu quitter l'Angolais et quitter ensuite sans dégats, la secte, c'est grâce à ces plaisirs réparateurs qui me reconnectaient à la Vitalité Universelle, de façon irrésistible, lors de cette sadhana pratiquée deux frois par jour : « Dans la chaleur blanche, vive de la fusion complète avec l'univers, la guérison et la transformation aux niveaux les plus profonds sont possibles »

C'est ce qui se passait : je m'auto-guérissais de l'influence d'un mari et d'une secte. Je devenais de plus en plus rebelle au gourou et il a fini par me mettre à la porte. Je me recontactais à la force du Féminin via ces plaisirs que je recevais en méditant, tout en me caressant en même temps.

10:28 Écrit par longuesjambes dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

Voie de Tara vers Sa Plénitude d'Être ... Je découvre votre blog ce matin et ce Principe Féminin Tara qui a une forte résonnance dans mon histoire personnelle, dans un système de valeurs judéo-chrétiennes que je remets en cause depuis une rencontre forte en octobre 2008. Je suis mystique et mère spirituelle en passage d'un état de total Abandon et soumission à Dieu dans une fusion où je perdais touts mes désirs propres (12 années où j'oubliais ma féminité et la castrais pour être Offrande agréable à Dieu pour "plaire à Dieu") à un état de conscience et de désir de Connaissance de mon individualité humaine, féminine et libre de toute référence. Je suis en recherche de ma voie propre, dépouillée de tout système de valeurs, transporté par la société ou la religion. La voie de Tara serait-elle une porte vers une Plénitude d'Être dans Sa Vraie Liberté? Une liberté au delà du libertinage (réf au texte d Agequodagix), au-delà des pratiques D/s, hors-normes, qui exaltent la fémininité?

Écrit par : Hephtsibah | 30/03/2009

la féminité est LIBRE L'énergie Féminine ne peut exister que dans la liberté. Il n'est ni question de "au-delà de" ou "à condition que". Car elle est la LIBERTE même. Féminité et Liberté ne font qu'un.

Si cette énergie éprouve le désir de s'exprimer d'une façon ou d'une autre, avec des adultes consentants, il ne faut pas la cadrer dans des "au au delà de" ni par des "hors norme de", encore moins par des croyances que "cela ne se fait pas" ni de "c'est indécent".

Laissez tout simplement vos désirs vous montrent où se cache cette fameuse énergie Féminine. La Tara, à ce moment là de ma vie, m'a aidée comme ça. Avec une autre personne, cela aurait pu être d'une autre façon.

Ayez confiance en vos désirs, vos envies, vos pulsions, elles ont toujours été saine, ou si elles ne le semblent pas, c'est qu'elles rééquilibrent un excès de "vertueusité" inutile.
Il faut simplement les assouvir avec des adultes consentants, quel que soient ces désirs, ces pulsions, ces envies.

je vous souhaite la Liberté , celle qui rend léger, heureux et toujours plein d'énergie !

Longuesjambes.

Écrit par : longuesjambes | 06/04/2009

reflexion J'ai assisté et lu une pratique de tara comme ça pour voir. Le texte était d'une poésie d'une puissance énorme. Cela me rappelait les déesses grecques sans tabou ni règles ni normes qui sont gigantesquement belles. Il y avait une fierté à décrire la liberté et la puissance de cette déesse qui me faisait frémir. Les visions que j'avais en lisant ce texte étaient très fortes... pour moi elle était d'une fierté instinctive (plus de tourments et questionnements mentaux, plus d'attachement aux etiquettes et autres) et en même temps d'une compassion énorme... voilà l'impression que j'en ai eu... les tibétains ont cette tradition de yogis fous qui font n'importe quoi aux yeux des autres... je comprends mieux cette tradition en ayant lu ce texte...

Écrit par : patrick | 29/04/2009

Tantra féminin Votre témoignage fait écho en moi car c'est également en pratiquant la sadhana de Tara que j'ai découvert l'énergie sexuelle (avec et sans masturbation) et l'extase tantrique que j'ai pratiqué souvent avec de chouettes partenaires masculins. Ces pratiques m'ont amené à ouvrir mon channeling et je suis en contact régulier avec mes guides de lumière et Orchydia, déesse de l'amour et de la créativité : voir mon blog pour plus de détails.
Ayant pratiqué le massage tantra avec de nombreux hommes, il m'est demandé d'ouvrir la voie du tantra féminin et de m'adresser aux femmes.
Je recherche donc des femmes désireuses de participer à ce projet, d'aller au delà de leurs expériences actuelles et de découvrir la magie du corps et de l'esprit.

Bienvenue.

Françoise

Écrit par : Françoise | 23/09/2009

beaucoup aimé les textes sur la pureté du regard et de l'intention, de l'absence de projet sur l'autre.
la difficulté, c'est de pouvoir pratiquer avec une shacti initiée.

Écrit par : Famerée | 17/12/2010

WOW!!!! Tellement ca!... je vous suggère de visiter mon site web... et mon tout dernier livre «Au-delà de l'amour- Ou l'Art du tantrisme». Une expérience Authentique vécu avec mon copain devenu quadriplégique suite à un accident de la ROUTE!... Au plaisir d'avoir vos commentaires! ...:) Namasté

Écrit par : Lynda Bisson | 25/03/2011

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